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Volley-ball / Avant l’assemblée générale de la FFVB
Au bord de la faillite par Fufu, mardi 1er juin 2010

Minée par des finances exsangues, la Fédération française de volley-ball se réunit à partir de vendredi en assemblée générale, à Saint-Dié, dans une ambiance qui s’annonce houleuse. Une situation qui inquiète forcément les acteurs du volley-ball alsacien.

En photo : La prime de 280 000 € accordée par la Fédération à l’équipe de France (ici Romain Vadeleux) pour sa médaille d’argent européenne passe mal, au regard de sa situation financière désastreuse. (Photo DNA - Johanna Leguerre)

A partir de vendredi matin, les têtes pensantes de la Fédération française de volley-ball ont rendez-vous à Saint-Dié, pour une assemblée générale qui sent la poudre. « La "Fédé" est au fond du trou  », résume sans prendre de gants Adam Thumm, le président du Racing Strasbourg.

« Le déficit est abyssal  »

Comment lui donner tort ? Selon diverses estimations, l’instance suprême du volley français accuserait un déficit financier d’1,4 million d’euros, pour un budget global de fonctionnement se montant à sept millions. Un trou qui s’est tellement creusé que la FFVB se trouve, aujourd’hui, au bord de la banqueroute. «  L’heure est grave, lance Patrick Kurtz, le président de la Ligue d’Alsace. Je suis inquiet car le déficit est abyssal. On a dépensé de l’argent que l’on n’avait pas.  » Quand on parle "gros sous", deux exemples reviennent dans toutes les conversations. A commencer par la prime de 280 000 € offerte à l’équipe de France masculine, médaillée d’argent aux derniers championnats d’Europe. Dépense non prévue, qui a alourdi un budget déjà dans le rouge. A cela s’ajoute les 200 000 € sortis des caisses pour organiser le tournoi qualificatif de l’équipe de France féminine, à Marseille. Dépense qui avait elle aussi été « oubliée  » au moment o๠le budget prévisionnel a été bouclé. « Il y a eu de la gabegie à tous les niveaux. Les dirigeants ont voulu jouer dans la cour des grands, or nous sommes une petite "Fédé"  », précise Denis Martin, du Racing. Si «  les déficits ne datent pas d’hier  » (dixit Patrick Kurtz), la FFVB rencontre cette année « des difficultés financières comme rarement vu  », selon Gilles Gaupp, arbitre international et par ailleurs membre de la commission électorale de la FFVB. A tel point que certains prédisent la disparition pure et simple d’une fédération qui compte tout de même 100 000 licenciés. Au 1er juillet, la FFVB va devoir payer entre 500 000 € et 750 000 € de créances urgentes. Comment ? Personne ne le sait, surtout que l’immeuble qui abrite les locaux, à Choisy-le-Roi, a déjà été hypothéqué. «  Le volley-ball ne peut pas disparaître, temporise néanmoins Jacques Tarracor, trésorier du CDVB 68 et membre de la commission sportive de la FFVB. Mais si on est en cessation de payement, il faudra bien trouver des solutions  ». La plus évidente serait une mise sous tutelle de la Fédération par l’à‰tat, option évoquée par beaucoup pour éviter la liquidation pure et simple. Mais même si l’à‰tat reprend la main, il faudra, quoi qu’il en soit, faire des économies draconiennes.

« L’image du volley a pris un sacré coup  »

« Il faut une gestion plus réaliste, avec un meilleur contrà´le des dépenses  », témoigne encore Jacques Tarracor, qui souhaiterait qu’un « conseil de surveillance  » se mette en place. Mais pour cela, encore faut-il une gouvernance forte. Ce qui n’est pas le cas, aujourd’hui, à la tête d’une FFVB complètement à la dérive, o๠Serge Deloutre - président élu en 2008 après des débats houleux - a cédé sa place à Maurice Boisseau, qui assure l’intérim jusqu’à l’AG de Saint-Dié. «  Les mésententes à la tête de la Fédération ont coà »té cher, déplore à ce sujet Jacques Tarracor. L’image du volley-ball en a pris un sacré coup et les licenciés sont blasés. Or, pour s’en tirer, il faudrait une vraie union sacrée  ». Reste à voir si les dirigeants français sauront enterrer la hache de guerre. Or rien n’est moins sà »r...

Barbara Schuster

à‰dition du Mar 1 juin 2010 © Dernières Nouvelles d’Alsace

Nota de Fufu : les temps sont durs même pour le volley, un sport olympique largement plus médiatisé que le ping en France !


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